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Protection du salarié

Protection contre le licenciement : récupérez vos heures sup malgré le licenciement

CO 336c: le congé pendant un délai de protection est nul. Maladie, grossesse, service et congé de prise en charge (let. cquater) prolongent le contrat et le salaire dû.

Camille Favre · Rédaction droit du travail · PayeMesHeures11 septembre 202611 min de lecture
Protection contre le licenciement: délais, maladie, grossesse, service

Vous êtes en arrêt avec certificat médical, enceinte, ou en service. Malgré cela, une résiliation de l’employeur arrive. Selon l’art. 336c CO, un congé donné pendant certains délais de protection (après le temps d’essai) est nul: il ne produit aucun effet. Les rapports de travail, et donc la créance de salaire, continuent jusqu’à ce qu’une nouvelle résiliation valable hors délai de protection produise effet, ou jusqu’à ce qu’un délai de congé déjà en cours, après suspension, s’achève correctement. La FAQ SECO Résiliation du contrat résume les délais et les conséquences.

En bref

  • Les délais de protection s’appliquent seulement après le temps d’essai et, en principe, seulement si le congé émane de l’employeur (pas en cas de démission; SECO).
  • Maladie / accident non fautifs (art. 336c al. 1 let. b CO): 1re année de service 30 jours, 2e à 5e année 90 jours, dès la 6e année 180 jours.
  • Grossesse et 16 semaines après l’accouchement: délai de protection (let. c).
  • Service militaire / protection civile / service civil: pendant le service et, si le service dure plus de 11 jours, quatre semaines avant et après (let. a; le service militaire à l’étranger ne compte pas).
  • Congé de prise en charge (art. 329i CO): tant que dure le droit, pour une période maximale de six mois à compter du jour où le délai-cadre commence à courir (art. 336c al. 1 let. cquater CO / SECO: jour où la première indemnité journalière est due).
  • Congé pendant le délai de protection = nul. Empêchement après un congé déjà parvenu = suspension du délai de congé. Selon contrat, CCT/CTT et CO.

Droit: ce que protège l’art. 336c CO

Le SECO le dit clairement: pendant la durée de l’empêchement de travailler, le travailleur est protégé contre le licenciement durant une période déterminée. Le délai de protection n’existe qu’après l’échéance du temps d’essai. L’empêchement doit être non fautif. Si c’est vous qui démissionnez, ou si les rapports prennent fin d’un commun accord, le délai de protection n’aide en général pas.

Maladie et accident

Durées maximales légales du délai de protection (SECO / art. 336c al. 1 let. b CO):

  • 1re année de service: 30 jours;
  • 2e à 5e année de service incluse: 90 jours;
  • dès la 6e année de service: 180 jours.

Un congé qui parvient pendant ce délai de protection est nul. L’employeur doit, après le retour au travail ou après l’échéance de la durée maximale, résilier à nouveau. Sinon le contrat continue normalement.

Si l’empêchement survient seulement après qu’un congé a déjà parvenu, le délai de congé est suspendu. Il ne continue à courir qu’après le recouvrement de la capacité de travail ou après l’échéance de la durée maximale du délai de protection (art. 336c al. 2 CO; SECO).

SECO sur le calcul (simplifié):

  • Pas encore de congé: on compte dès la survenance de l’incapacité; fin au recouvrement de la capacité ou à l’épuisement de la durée maximale.
  • Causes différentes (autre maladie, autre accident): en règle générale un nouveau délai de protection; les rechutes de la même cause ne s’empilent pas indéfiniment en pleines protections nouvelles (but: pas de rapports de fait insusceptibles de résiliation).
  • Incapacité partielle: les délais de protection s’appliquent aussi.
  • Si le délai suspendu reprend et qu’un terme de fin de mois est convenu, la fin glisse souvent jusqu’au prochain terme contractuel ou légal (art. 336c al. 3 CO). Exemple SECO: quelques jours de maladie juste avant la fin du mois peuvent décaler les rapports d’un mois entier.

Exemple SECO (logique): congé reçu le 16 septembre, délai de 2 mois, terme théorique 30 novembre. Maladie du 21 au 28 novembre (dans le délai qui court): le délai est prolongé; avec terme de fin de mois, la fin bascule souvent au 31 décembre. Une maladie du 21 au 28 septembre (avant le début du délai de congé proprement dit, calculé à rebours depuis le terme) ne prolonge pas.

Que le salaire ou des prestations d’assurance soient dus pendant l’empêchement se règle selon les art. 324a/324b CO, les indemnités journalières maladie ou la LAA. Délai de protection ≠ paiement automatique à 100 %; il protège contre un congé efficace.

Grossesse et temps après l’accouchement

Pendant toute la grossesse et pendant les 16 semaines après l’accouchement, l’employeur ne peut pas résilier ordinairement (art. 336c al. 1 let. c CO; SECO). Un congé notifié malgré cela est nul. C’est plus strict que pour le congé de l’autre parent, où l’employeur peut en principe résilier, le délai pouvant toutefois se prolonger des jours de congé encore ouverts (FAQ SECO).

En parallèle existent des interdictions d’occuper de la LTr (p. ex. 8 semaines après l’accouchement) et des prestations APG. Protection contre le licenciement (CO) et interdiction d’occuper (LTr) sont à séparer.

Ne confondez pas les lettres Fedlex: let. c = grossesse; let. c bis = avant le terme du congé de maternité prolongé (art. 329f al. 2); let. cquater = congé de prise en charge. Lisez le texte Fedlex à jour.

Service militaire, protection civile, service civil

Délai de protection pendant le service obligatoire et, si le service dure plus de 11 jours, quatre semaines avant et après (art. 336c al. 1 let. a CO). Le service militaire à l’étranger ne compte pas. Dans une mesure limitée, le délai peut aussi concerner une démission si l’employeur ou une personne hiérarchique accomplit le service et que vous devez en assumer certaines activités (SECO).

Congé de prise en charge et autres cas

Tant que dure le droit au congé de prise en charge visé à l’art. 329i CO: délai de protection selon l’art. 336c al. 1 let. cquater CO, pour une période maximale de six mois à compter du jour où le délai-cadre commence à courir (Fedlex). Le SECO précise: jusqu’à la fin du droit au congé, mais au plus six mois à compter du jour où la première indemnité journalière est due. Ce n’est pas la let. c (grossesse) ni la let. c bis. Le congé de prise en charge concerne l’enfant gravement atteint dans sa santé; ne le confondez pas avec le congé court de l’art. 329h CO.

Autre cas (aperçu): participation, avec l’accord de l’employeur, à un service d’aide à l’étranger ordonné par l’autorité fédérale (art. 336c al. 1 let. d CO).

Conséquences en CHF: congé nul et délai prolongé

Scénario A: congé pendant le délai maladie 6e année de service, délai de protection jusqu’à 180 jours. Au 20e jour d’incapacité, un congé parvient. Il est nul. Les rapports continuent. L’employeur doit plus tard résilier à nouveau. Jusqu’à une fin valable, le salaire (dans la mesure où CO / assurance s’appliquent) et l’affiliation aux assurances sociales restent pertinents. Un « décompte de sortie » sur la date nulle est souvent trop tôt.

Scénario B: maladie pendant un délai de congé déjà en cours Salaire mensuel CHF 5'800, délai 2 mois, terme sans protection 30 novembre. Incapacité du 21 au 28 novembre (dans le délai). Selon la logique SECO, le délai se prolonge de ces jours; avec clause de fin de mois, la fin peut glisser au 31 décembre. Écart: jusqu’à un mois de salaire supplémentaire CHF 5'800, plus parts de vacances / 13e selon contrat.

Scénario C: grossesse Congé à la 20e semaine de grossesse: nul. Nouvelle résiliation seulement après la fin de la période de protection (accouchement + 16 semaines, si le délai s’achève alors). Les indemnités APG et les règles LTr tournent en parallèle; la protection CO maintient le lien contractuel ouvert.

Scénario D: service de plus de 11 jours Service de 3 semaines. Congé deux semaines avant l’entrée en service: dans le délai de quatre semaines avant le service, donc dans la protection, si le temps d’essai est échu. Conséquence: nullité, pas seulement « peu élégant ».

Calculez toujours avec le terme correct selon l’art. 336c al. 2 et 3, pas avec la date du premier courrier.

Preuves et procédure

Pièces utiles:

  1. Certificats médicaux avec degré et durée de l’incapacité (ou confirmation de grossesse / ordre de marche / décision APG de prise en charge).
  2. Preuve de réception du ou des congés et d’éventuelles « nouvelles » résiliations.
  3. Début des rapports (temps d’essai échu?).
  4. Décomptes pendant l’empêchement et le délai de congé.
  5. Correspondance sur la libération: le SECO conseille d’offrir ses services, afin que le salaire pendant un délai fortement prolongé ne se perde pas. Si l’employeur a déjà libéré, vous n’avez en principe plus à offrir vos services; en cas de prolongation longue (notamment grossesse), l’offre dissipe l’incertitude.

Vous n’avez pas à « attaquer » le congé nul pour qu’il disparaisse; il est inefficace de par la loi. En pratique: informez par écrit l’employeur de la nullité et de la continuation, et demandez une nouvelle notification / le nouveau terme. En cas de litige: conciliation (CPC) puis tribunal civil cantonal. Ce n’est pas le conseil de prud’hommes français. Les délais de la résiliation abusive (art. 336 ss CO: opposition écrite, action dans les 180 jours, art. 336b) sont un autre institut et ne remplacent pas la logique des délais de protection.

Les créances de salaire se prescrivent en principe par cinq ans (art. 128 CO). Interruption notamment par reconnaissance, poursuite, requête de conciliation ou action (art. 135 CO). Un nouveau délai court dès l’interruption (art. 138 al. 1 CO); pour conciliation ou action, ce nouveau délai se compte lorsque l’instance est close.

Pièges fréquents

  1. Confondre délai de protection et durée du maintien de salaire: 30/90/180 jours protègent contre le congé; l’art. 324a CO / les IJ décident des CHF pendant la maladie.
  2. Oublier le temps d’essai: l’art. 336c CO n’y s’applique pas.
  3. Démissionner puis attendre une protection.
  4. Ignorer la suspension et quitter à l’ancienne fin de mois alors que le délai court encore.
  5. Ranger le congé de prise en charge sous la let. c ou c bis au lieu de la let. cquater.
  6. Attendre un déroulement français de « protection maladie » 1:1: comptent l’art. 336c CO et la procédure civile suisse.

Ce que vous pouvez faire maintenant

Posez certificat, lettre de congé et calendrier l’un à côté de l’autre. Vérifiez: temps d’essai passé? Quel délai (maladie, grossesse, service, prise en charge)? Réception pendant la protection, ou empêchement seulement après? De là viennent nullité ou suspension du délai, et les CHF dus jusqu’à la bonne fin.

Avec Paye Mes Heures, vous pouvez structurer délais de protection, termes prolongés et trous de salaire, et les estimer, selon contrat, CCT/CTT et CO. Pas de simulateur CH de délais de protection « comme en FR »; le but est un dossier solide pour clarifier avec l’employeur.

Sources officielles

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